Philosophie de travail

L'outil de travail privilégié au sein de l'asbl est la parole. Nous faisons l'hypothèse que la parole peut soutenir la personne dans sa reconstruction. Reconstruction nécessaire à la suite d'un événement traumatisant, tel que le viol.

Nous posons le postulat que tout acte de viol constitue à un niveau humain, une totale rupture du lien, à l'autre.

L'horreur de l'acte subi provoque chez la victime une fragilisation importante de son équilibre psychique. Le fait qu'un être humain soit capable d'agir de la sorte peut induire des attitudes de défense par rapport à toute autre personne ; cela peut comprendre la méfiance, la peur, le refus total de relation.

Ce qui est mis en échec est donc la possibilité de poursuivre une communication, celle-ci étant rendue difficile voire impossible depuis le drame vécu. Il y a alors à essayer de retrouver, de renouer quelque chose au niveau de cette « parole perdue ». En passer par la parole constitue l'étape nécessaire même si pour certaine il s'agit d'une traversée qui reste loin d'être évidente. La parole est créatrice dans le sens où elle peut reconstruire, à partir de l'anéantissement vécu lors du viol, de nouveaux repères identificatoires.

Là où le lien à l'autre a été rompu, cassé, la parole par le seul fait qu'elle constitue une adresse à l'autre réintroduit petit à petit cette dimension de l'autre humain, respectueux et à l'écoute.

Mais de quelle parole, s'agit-il?

D'une parole subjective qui suit le rythme et le désir de la personne.

Ce qui importe, ce n'est pas la restitution précise des faits et des détails, mais c'est que la personne puisse exprimer ce qu'elle ressent, ce qu'elle vit, ce qui compte pour elle à son rythme. Respecter ce rythme nous paraît capital.

Par ailleurs, nous considérons la personne qui s'adresse à nous dans son entièreté. A SOS VIOL, chaque personne est invitée à parler de ce qu'elle souhaite. Le viol touche avant tout une personne (avec son histoire, ses origines, ses faiblesses, ses forces, son fonctionnement, son entourage, sa situation familiale, ...).

La victime n'a pas à être réduite à son agression.

L'expression de cette parole va pouvoir s'effectuer via différents canaux de communication (téléphone, Internet, consultation). S'adresser à SOS VIOL n'est pas une chose aisée, mais peut être nécessaire au vu de la souffrance et de la détresse ressenties par la personne victime ou par un proche de celle-ci.

Chaque individu est différent, l'aide que nous essayons d'apporter va revêtir des formes différentes également. Ceci est à mettre en lien avec le fait que nous essayons de suivre au plus près la demande de la personne. Les demandes qui parviennent au centre sont très diverses (juridiques, sociales,psychologiques,...) et évoluent au fur et à mesure. Nous essayons de nous adapter au cas par cas. Dans ce contexte, le fait que notre équipe soit pluridisciplinaire (juriste, assistants sociaux, psychologues) permet une grande flexibilité.